Si au moins ils nous aimaient

Il est mauvais de penser aux hommes en fonction de leurs bassesses, écrivait Malraux. Et c’est ainsi pourtant que la parole politique semble s’adresser à nous, les sans-dents et les ploucs.  A compter d’aujourd’hui, nous allons suivre et démêler la campagne des présidentielles qui s’achèvera, ô combien on l’espère, dans un élan de respect, de compassion et de passion. Mais d’ici là, il faudra rester vigilant.

Face au chômage, au travail aliénant, aux fins de mois difficiles et au manque d’espoir, il y aura des promesses magnifiques. Et vides. Demain encore, les candidats vulgariseront le réel : pour sauver les entreprises en difficulté, il suffira de leur passer commande ; pour combler le manque de policiers, il suffira de recruter des fonctionnaires ; pour lutter contre le terrorisme, il suffira d’enfermer chaque suspect sans jugement et de fermer nos frontières. J’en passe.

Demain encore, les extrêmes inciteront à briser nos règles plutôt que de les magnifier. Ils attiseront les querelles qui couvent sous la cendre avant de se réveiller subitement, et peu importe si le réel se venge après-demain. Ils joueront pour gagner, sans penser aux dettes qui s’accumuleront.

Tout cela n’arriverait pas s’ils nous aimaient. Rien de plus jubilatoire en effet que d’entendre et de ressentir l’expression de l’amour de soi et des autres. Mais c’est l’inverse qui se trame, et cela nous dégoûte, ou pire, nous désintéresse et nous rend ainsi vulnérables.

La liberté existe pour et par ceux qui l’ont conquise, disait aussi Malraux. Nous nous apprêtons à confier une nouvelle part de nos libertés à quelqu’un qui promettra d’en prendre soin. Vérifions au moins qu’il nous aime.

29
Oct
2016

Serge GUILMIN said:

Aujpurd’hui on ne peut plus mourir pour la patrie, vivre pour les persécutés, contre les populismes qui affectent notre planète, oui, Montaigne et Kant seraient de meilleurs compagnons de réflexion.

Aujpurd’hui on ne peut plus mourir pour la patrie, vivre pour les persécutés, contre les populismes qui affectent notre planète, oui, Montaigne et Kant seraient de meilleurs compagnons de réflexion.

30
Oct
2016

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